Le Dif, premier outil d’appropriation de la formation par les salariés mais un possible “risque social” s’il s’accumule
Mesure phare de la réforme de la formation professionnelle ; le Droit individuel à la formation (Dif) a été au coeur des débats, jeudi 19 octobre, lors du jeudi de l’Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation (Afref), consacré à la question "la réforme de la formation professionnelle continue : le big-bang annoncé a-t-il eu lieu ?" (Voir articles du jour). “Avec le recul, ce dispositif est intéressant parce que c’est celui de la réforme qui interroge le plus le salarié sur la formation professionelle”, se félicite Philippe Pouzeratte, directeur des ressources humaines du groupe Prisma-Presse et vice-président de Médiafor, l’Opca de la presse. “Depuis son avènement, nos services chargés de la formation professionnelle sont de plus en plus sollicités par les salariés.”
Cependant, “je ne suis pas convaincue que les demandes de Dif soient souvent à l’initiative des salariés”, note Brigitte Ducoutumany, responsable du projet “Réforme de la formation” pour BNP-Paribas, entreprise dans laquelle, sur les 40 000 salariés que compte la société anonyme en France, 7 000 Dif ont été accordés pour un total de 120 000 heures de formation. Pour arriver à ces résultats “corrects”, l’entreprise a, d’abord, conclu un accord définissant les modalités du Dif, puis, a communiqué en interne et a finalement créé, en juin 2006, sur l’Intranet de l’entreprise, un outil dédié destiné aux salariés, managers et services de ressources humaines.
“Depuis deux ans, l’évolution des demandes de nos clients est positive”, analyse Annick Allegret, directrice de l’unité “Ressources humaines et management” à la Cegos. “Nous sommes passés de l’affolement général où l’on nous demandait d’effectuer des diagnostics d’impacts financiers à l’organisation d’offres de formation pour le Dif. Aussi, sommes-nous optimistes quant à l’utilisation du Dif par les salariés : la grande majorité des demandes sont assez proches de leurs métiers.”
“On observe parallèlement à la montée en puissance des demandes de Dif, une baisse sensible des demandes de Congés individuel de formation (Cif)”, remarque Philippe Pouzeratte, le vice-président de Médiafor. Avec 2 700 000 heures de Dif non encore utilisées à la Poste, Martine Laurent, responsable Formation et Compétences du groupe et par ailleurs, administrateur de l’Afref, a mis en garde l’auditoire : “La faible consommation des crédits horaires du Dif ne constituent pas uniquement des risques économiques pour les entreprises, ils peuvent être aussi sociaux.”